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Diderot Bagarre D'après la correspondance de Denis Diderot

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Diderot Bagarre
« Notre devise est : Sans quartier pour les superstitieux, pour les fanatiques, pour les ignorants, pour les fous, pour les méchants et pour les tyrans » Diderot 

La principale difficulté était de donner à ces lettres une oralité, en faire du théâtre et surtout trouver des motivations, des objectifs, des situations, tout en respectant le fil de la pensée de Diderot. La progression dramatique du spectacle est prise en charge par un personnage de fiction, un technicien de théâtre d’aujourd’hui : l'Éclairagiste. Ce dernier questionne Diderot et le pousse dans ses retranchements. C'est donc aussi l'histoire d'une rencontre. Diderot face à un jeune homme du XXIe siècle. Je propose une déclinaison inédite de ce genre du dialogue philosophique cher à l'auteur du Neveu de Rameau.

Le parti pris de mise en scène est de réunir ces deux personnages que trois cents ans séparent dans un seul et même lieu, le lieu présent de la représentation : la scène du théâtre. Ainsi l'Éclairagiste viendra éclairer, au sens figuré comme au sens propre, le spectacle. En effet, l'objectif de la mise en scène est de donner à la « lumière » un rôle prépondérant, comme s’il s’agissait d’un personnage à part entière, qui s’affirmerait au fur et à mesure que le spectacle avance.

De plus, il y a dans ces lettres une couleur particulière, intimiste. En règle générale, Diderot ne s'adresse qu'à une personne à la fois, c'est pourquoi il me paraissait essentiel de rassembler le public autour de lui. Aussi, j'ai choisi un dispositif en quadri frontal pour que le spectateur se sente le plus proche possible des acteurs, qu'il participe par sa présence au spectacle, et qu'il soit, à l’instar de l'Éclairagiste, un témoin privilégié de Diderot et de sa pensée.

Pourquoi avoir choisi comme titre Diderot bagarre ?

La liberté, Diderot l'a perdue pour de bon en 1749 lorsqu'il est emprisonné à Vincennes à la suite de la publication de sa Lettre sur les aveugles. Cet évènement qui marquera à jamais sa vie est le point de départ du spectacle.
En effet, Diderot va devoir lutter pour ses idées et contre l'oppression religieuse, pour sa survie et contre l'ignorance, pour la diffusion des Lumières et contre l'obscurantisme. Toute sa vie, il n'a de cesse de se battre et de remettre en question aussi bien le fils, le frère, le mari, l'amant, le philosophe ou l'artiste qu'il est et qu'il représente.

La scénographie participe elle aussi à cette idée de ʺcombatʺ puisque le décor est une estrade carrée couleur rouge vif, figurant un ring de boxe. Avec un pilier à chaque angle, des néons à la verticale, ainsi que deux petits tabourets qui viennent renforcer la symbolique du ring.

Régis de Martrin-Donos

Diderot et les Lumières

Pourquoi lire la correspondance de Diderot pour célébrer le tricentenaire de sa naissance en 2013 ? Diderot n’ayant pas écrit son autobiographie ou ses mémoires comme l’ont fait Voltaire et Rousseau, ses lettres, qui sont une sorte de chronique de sa vie quotidienne, livrent un autoportrait intellectuel et moral que Diderot a lui-même souvent qualifié de « journal ». On le voit dans sa famille, entouré de sa femme Anne-Toinette et de sa fille Angélique, en relation de cœur et d’affaires avec sa sœur Denise et son frère l’abbé ; dans le cercle de ses amis dont la plupart sont des hommes de lettres, élaborant ses idées en travaillant avec le baron d’Holbach ou en s’opposant à Rousseau. On le voit avec les femmes qu’il a aimées, Sophie Volland et madame de Meaux. Diderot parle de ses tracas domestiques, des peines et des joies de l’amitié et de l’amour, de ses projets d’écrivain, de sa charge d’éditeur de l’Encyclopédie, de ses conceptions philosophiques et politiques qui germent souvent et s’élaborent pour partie dans ces échanges épistolaires avant de migrer dans ses œuvres capitales. C’est par exemple dans certaines lettres à Sophie Volland que sont présentées les idées du Rêve de d’Alembert, dans les lettres à l’actrice Jodin que s’ébauche la thèse du Paradoxe sur le comédien.

Les lettres de Diderot ont rarement été présentées sur scène. Le philosophe y parle pourtant comme de vive voix une langue spontanée, riche et naturelle, pleine d’émotion, de tendresse et de lyrisme, ou au contraire empreinte de colère et de dureté lorsqu’il condamne l’intransigeance religieuse de son frère et la malhonnêteté du libraire Le Breton qui a caviardé les articles les plus philosophiques de l’Encyclopédie. La correspondance permet de donner, sous une forme vivante, les lignes fondamentales de la philosophie diderotienne que sont par exemple la relativité de la morale sociale, la critique religieuse et l’anticléricalisme, le matérialisme biologique et athée. Elle présente enfin des tableaux de la vie du XVIIIe siècle et restitue des analyses et des conversations sur les principaux thèmes des Lumières.

Muriel Brot, Chargée de recherche au C.N.R.S.- U.M.R. 8599 du C.N.R.S. et de l’Université Paris-Sorbonne

L’auteur

Denis Diderot est né à Langres le 5 octobre 1713.
Initialement destiné à la prêtrise, il fait ses études chez les jésuites, reçoit la tonsure de l’évêque de Langres en août 1726, puis quitte Langres pour Paris où il mène une vie de bohème, étudiant la philosophie et les sciences au collège d’Harcourt, puis la théologie à la Sorbonne où il reçoit en août 1735 son diplôme de fin d’études.
Contre l’avis de son père, il épouse clandestinement en 1743 Anne-Toinette Champion, une jeune lingère.
En 1746, il traduit des ouvrages anglais de médecine et de philosophie, et publie anonymement ses Pensées philosophiques, ouvrage que le Parlement de Paris condamne à être lacéré et brûlé « comme scandaleux et contraire à la religion et aux bonnes mœurs ».
En 1749, il est emprisonné au château de Vincennes pour avoir écrit les Pensées philosophiques, Les Bijoux indiscrets, roman libertin, et développé des thèses matérialistes dans la Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient. À l’issue de son incarcération, il se promet de ne plus jamais mettre en danger sa liberté par la publication de ses œuvres. Il ne renonce pas pour autant à écrire des textes essentiels qui paraîtront après sa mort.

Il travaille pendant plus de vingt ans à l’Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, dont il a pris la direction en 1747 avec d’Alembert. Il donne à cet ouvrage monumental des milliers d’articles qui sont autant de pièces dans sa machine de guerre contre l’intolérance et la superstition.

De 1773 à 1774, Diderot séjourne à Saint-Pétersbourg auprès de l’impératrice Catherine II de Russie, avec qui il s’entretient tous les jours de questions politiques fondamentales, essayant d’infléchir le despotisme de la souveraine.
Encyclopédiste, critique d'art, romancier, dramaturge, auteur de La Religieuse, Le Neveu de Rameau et Jacques le fataliste, Diderot est l’un des philosophes majeurs des Lumières françaises.

Il meurt à Paris le 30 juillet 1784.

Distribution

Une production de BADOC Théâtre d’après une création du Théâtre des 13 vents CDN Languedoc- Roussillon Montpellier reprise au POCHE Montparnasse.

Presse

« Cette Diderot Bagarre, venue du théâtre des 13 vents de Montpellier, aurait pu se résumer à un exercice de style, à un échange philosophique courtois, mais elle est plus que cela. Le spectacle signé d'un jeune auteur dramatique Régis de Martrin-Donos et d'une spécialiste du philosophe Muriel Brot, est un vrai objet théâtral, qui procure du plaisir et qui donne à penser. (...)

Pour jouer le philosophe et son « élève » frondeur, Régis de Martrin-Donos a fait appel à un duo efficace : Jean-Baptiste Marcenac incarne un Diderot élégant, fin, « bien vivant » ; Quentin Moriot, campe un jeune éclairagiste « lumineux », avec ses emportements, ses sourires et ses coups de blues. Les deux comédiens jouent parfaitement ensemble, marquant des points tour à tour. Abattant les frontières du temps, ils font entendre des voix très vieilles et très jeunes qui disent la vérité du monde. »

Philippe Chevilley, Les Echos, 29 mars 13

« Le texte permet de redécouvrir Diderot autrement que sous l’aspect du libertin ou du philosophe qu’il était. Il y a quelque chose d’exaltant à réentendre ses idées éclairées à l’aune de notre siècle hyper technologique. Progressivement, Diderot se trouve cerné d’ampoules électriques, d’halogènes et autres néons. On ne sait plus très bien si on est remonté dans le temps ou s’il nous a rejoints. Les idées foisonnent et allument des pans entiers de notre intelligence. C’est une délectation. On recommande même d’acheter le texte en sortant du spectacle pour prolonger cet éclair d’intelligence. » Hélène Chevrier, Théâtre magazine, 22 avril 13

« La mise en scène de Régis de Martrin-Donos joue efficacement des paradoxes espace-temps, ombre-lumière. Jean-Baptiste Marcenac est excellent en Diderot bienveillant, jovial, mais déterminé. Quentin Moriot incarne bien les fragiles certitudes d’un jeune en prise à sa curiosité et gourmand de savoir. »

Guy Flattot, L’Humanité, 29 avril 13

« Diderot bagarre est un spectacle intelligent, signé Régis de Martrin-Donos et Muriel Brot, où la réflexion sur l'ordre des choses, la vie, la société, les sentiments amoureux, s'envole dans une joute oratoire. (...) On pourrait craindre l'ennui d'une longue explication philosophique. Il n'en est rien. On pourrait craindre des facilités dans la rencontre entre ces deux hommes n'habitant pas le même siècle. Il n'en est toujours rien. Grâce à la mise en scène de Régis de Martrin-Donos, fluide et dynamique. Grâce à l'interprétation tout en justesse et en finesse de Jean-Baptiste Marcenac (Diderot) et de Quentin Moriot (l'éclairagiste). On ne peut que conseiller aux lycéens et aux étudiants de venir les applaudir. »

Marie-Céline Nivière, Pariscope, 1er mai 13

 

Représentations

Salle Balène
  • mardi 29 juillet 20h00
  • vendredi 01 août 20h00
Tarifs

Spectacle C
série unique
Plein18
Réduit/Bleu14
Vert11
Moins de 20 ans8

Abonnement Bleu : de 4 à 7 spectacles différents par personne, dont au moins un spectacle de la catégorie A (Cabaret ou Misanthrope)

Abonnement Vert : à partir de 8 spectacles différents par personne.

Série Spéciale : Soutien du Festival. Cette série correspond à une sélection de places des premiers rangs vendues plus chères que les autres séries. Cette différence de prix permet d’aider le festival dans ses financements notamment pour ses créations et les accueils de spectacles de qualité.

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