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Al AtlalChant pour ma mère

Un subtil hommage à la chanteuse Oum Kalsoum, magnifié par le talent de Norah Krief. 

Durée du spectacle: 1h15

Oud, guitare électrique, électronique et talons aiguilles portent un subtil hommage à la chanteuse Oum Kalsoum, magnifié par le talent de Norah Krief, formidable comédienne qui a joué Marivaux, Molière, Shakespeare ou Tchékov.

Al Atlal signifie Les Ruines. C’est un poème chanté en son temps par l’immense Oum Kalsoum, qui racontait les vestiges d'un amour et le rêve d'un pays perdu. Et que sifflotait la mère de Norah Krief dans leur jardin de banlieue parisienne.

Par la voix, le chant, la parole, l’artiste rend hommage à cet exil et à la nostalgie qui irradie la surface du monde.

Norah Krief se souvient d’avoir cherché la conformité et souffert de sa différence. Désormais apaisée, elle retrouve la langue arabe et renoue avec cet héritage maternel et culturel, à travers les souvenirs sensoriels, visuels, sonores, que nappent pour elle ses trois musiciens et qu’elle invoque, dans une sublime performance, et un moment de grâce.

 

 

 

 

Note d'intention 

“À l'amour, aux pays, aux regrets, aux ruines de la vie.

Quand Wajdi Mouawad m'a proposé de chanter un extrait d’Al Atlal, ce long poème d'Ibrahim Nagi interprété par Oum Kalsoum, c’était en janvier 2016 dans la pièce Phèdre(s) mise en scène par Krzysztof Warlikowski.

En écoutant cette chanson, j'ai eu une montée de nostalgie.

Je revoyais ma mère concasser au mortier son café, le moudre fin comme de la farine me disait-elle, le mettre dans sa zazoua sur le feu doux du kanoun, ajouter une goutte d’eau de fleur d’oranger, tout ça dans notre jardin de banlieue parisienne. Elle restait concentrée, surveillant avec vigilance le frémissement du café qui dégageait une arôme de noisette grillée. Et c’était long, ça bouillait lentement, elle retirait, et remettait la zazoua sur le feu tout en écoutant Oum Kalsoum sur le tourne-disque de la maison.

J'étais trop jeune pour comprendre ce que représentait ce moment qui s’étirait dans l’après-midi, et ce besoin essentiel qu'elle avait de passer quelques heures avec Oum Kalsoum. L'amour perdu, le regret, le pays, ces mélodies orientales, cela ne me parlait pas.

Cette langue, l’arabe, diffusée à plein volume dans le jardin, m’agressait, je ne la comprenais pas et la rejetais.
Je pense que j'avais honte au plus profond de moi, je cherchais plutôt comment m'intégrer à l'école, et surtout comment faire avec le regard des voisins, ça c'était fondamental.

Aujourd’hui j’ai besoin de chanter ce poème en entier, de retrouver la langue arabe et je décide d’en faire un temps de représentation, de concert, de théâtre musical.

Je ne parviens pas à t’oublier toi qui m’avais séduite par tes discours si doux et raffinés...

Mais où est donc passé cet éclat dans tes yeux...
Mon désir de toi me brûle l’âme, et le temps de ton absence

n’est que braises cuisantes...
Rends-moi ma liberté et brise mes chaînes, je t’ai tout donné et il ne me reste plus rien...

Le poème est écrit au présent, son adresse est directe, active et revendique la liberté avec exigence. En 1960, Oum Kalsoum chante devant le peuple égyptien et devant tout le Moyen-Orient en invitant les femmes à ôter leur voile. Ma mère était juive et n’en portait pas, mais vivait au quotidien avec une grande liberté.

Et c’est maintenant que la voix inouïe d'Oum Kalsoum et ses modulations orientales me fascinent, ainsi que sa façon d'instaurer un rituel avec le public, d’être dans une interaction constante avec lui. Ses improvisations mélodiques et sa joie à chanter la nostalgie participent de ma nécessité à construire cette proposition personnelle.

Al Atlal signifie Les Ruines. Il raconte les vestiges d'un amour et le rêve d'un pays perdu. Il résonne en moi, et je demande à l’écrivain et dramaturge Wajdi Mouawad d’échanger et mettre en dialogue avec ce poème, avec ce chant une dramaturgie qui comprendrait des lettres adressées à ma mère, des témoignages de personnes qui ont vécu l’exil.

Je commencerai à chanter Al Atlal pour ces témoins, grâce à eux.
Je chanterai le pays perdu, les parents disparus, le plaisir et besoin de faire ressurgir ces souvenirs, ces odeurs sensuelles et érotiques.

On pourrait servir le café de ma mère, du thé à la menthe...

Depuis des années, je travaille avec Frédéric Fresson, pianiste et compositeur (avec qui nous avons créé notamment le spectacle Les Sonnets de Shakespeare). C’est à lui que je confierai la direction musicale. La musique de ce poème sera interprétée par un trio de musiciens multiinstrumentistes. Ces musiciens nous guident : Mohanad Aljaramani, percussionniste et oudiste formé à la musique orientale et classique au conservatoire de Damas et Lucien Zerrad, musicien et producteur aimant croiser les musiques du monde. Des artistes avec lesquels échanger partager et inventer un terrain de jeu singulier.”

Norah Krief

Distribution
  • De et avec : Norah Krief
  • Musique : Riad Al Sunbati
  • Ecriture et dramaturgie : Frédéric Fresson
  • Collaboration artistique : Charlotte Farcet
  • Regard extérieur : Eric Lacascade
  • Création musicale : Frédéric Fresson
  • Lucien Zerrad
  • Mohanad Aljaramani
  • Traduction : Khaled Osman
  • Création lumière : Jean-Jacques Beaudouin
  • Scénographie, costumes : Magali Murbach
  • Création son : Olivier Gascoin
  • Yohann Gabillard
  • Collaboration live et machines : Dume Poutet aka (Otisto 23)

Un projet de Norah Krief, d'après le poème d'Ibrahim Nagi chanté par Oum Kalsoum

Presse

Norah Krief a tous les talents. Actrice fétiche de Jean-François Sivadier et de Wajdi Mouawad, elle a, c'est selon, une grande force comique et une intensité poignante... Et en plus, elle chante. [...] Ce chant d'amour est celui de l'exil et du temps retrouvé. Magnifique. Madame Figaro

Un hommage audacieux et réussi. Mouvement

Il faut découvrir et se laisser envahir par les émotions. Norah Krief est une grande artiste. Ardente et fine. Une fille du feu, on l’a déjà écrit, merveilleusement profonde et généreuse. Un très beau moment de musique, de grâce, de sentiments puissants. Le Journal d'Armelle Héliot

 

Remerciements à Wajdi Mouawad, Christine Angot, Marie Descourtieux, directrice des actions culturelles de l'Institut du Monde Arabe.

 

Production La Comédie de Valence, CDN Drôme-Ardèche ; Compagnie Sonnets Coproduction Comédie de Béthune, CDN

Avec le soutien de la DRAC Île de France ; de La Colline - théâtre national ; de l’Institut Français Royaume-Uni

Spectacle créé en mai 2017 au Festival Passages à Metz et au Festival Ambivalence(s), Valence

Diffusion – Production Rustine – Bureau d’accompagnement artistique

© Jean-Louis Fernandez

Réserver
Représentations

Cour du Puy, Figeac
  • dimanche 31 juillet 2022 21h30
Informations / repli

Repli Espace Mitterrand

Autour du spectacle
Les Rendez-vous des Curieux
Apéro rencontre avec Norah Krief le 1er août à 11h30 au Jardin des écritures.

Tarifs

Tarif pleinTarif réduit-découverteTarif passionTarif jeune
série unique 2218146

Abonnement découverte : nominatif, 4 spectacles minimum au tarif découverte.
Abonnement passion : nominatif, 8 spectacles minimum au tarif passion.
Tarif découverte / réduit : groupes à partir de 10 personnes, CE.
Tarif passion / réduit + : demandeurs d’emploi et intermittents du spectacles (sur présentation d’un justificatif)
Tarif jeune : moins de 18 ans, étudiants de moins de 25 ans.

Archives

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