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Lecture En vieillissant les hommes pleurentde et par Jean-Luc Seigle

Jean-Luc Seigle lit des extraits de son livre « En vieillissant les hommes pleurent » (Flammarion) prix RTL Lire 2012 

9 juillet 1961.
Dès le lever du jour, il fait déjà une chaleur à crever. Albert est ouvrier chez Michelin. Suzanne coud ses robes elle-même. Gilles, leur cadet, se passionne pour un roman de Balzac. Ce jour-là, la télévision fait son entrée dans la famille Chassaing. Tous attendent de voir Henri, le fils aîné, dans le reportage sur la guerre d'Algérie diffusé le soir même. Pour Albert, c'est le monde qui bascule. Saura-t-il y trouver sa place ?
Réflexion sur la modernité et le passage à la société de consommation, En vieillissant les hommes pleurent jette un regard saisissant sur les années 1960, théâtre intime et silencieux d'un des plus grands bouleversements du siècle dernier.
Jean-Luc Seigle est romancier, auteur dramatique et scénariste. En vieillissant les hommes pleurent est son troisième roman après La Nuit dépeuplée (Plon, 2000) et Le Sacre de l'enfant mort (Plon, 2007).

 Vidéo : Jean-Luc Seigle parle de son livre "En vieillissant les hommes pleurent"

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Analyse de l’œuvre :

Est-il vrai qu'en vieillissant l'Homme apprend à pleurer, à se laisser aller au chagrin.. ? Une question à laquelle Jean-Luc Seigle nous donne une splendide réponse.
Nous sommes le 9 Juillet 1961 et nous le resterons. Le roman se déroule sur une journée, une journée décisive pour cette petite famille du centre de la France. Albert Chassaing travaille chez Michelin, il a deux fils : Gilles qui du haut de son jeune âge se passionne pour Eugénie Grandet de Balzac, et Henri, parti pour la guerre d'Algérie. Suzanne, la femme d'Albert, ne vit que pour les lettres qu'elle reçoit de son fils bien aimé depuis l'Algérie, et va trouver son quotidien bouleversé par l'arrivée de cet appareil qui va sûrement lui amener une image de son fils dont elle rêve chaque nuit : la télévision. La soeur d'Albert et son mari les ont rejoints pour l'événement.
Dans le jardin, la vieille mère d'Albert se fait oublier. Elle demeure au pied du cerisier toute la journée, les pensées déjà trop loin pour avoir conscience de faire partie de cette famille qui s'affaire devant l'écran.
Durant cette journée, le lecteur fera face à la mort, l'adultère, une révélation, un choc... Autant d'émotions qui transpirent derrière le style de Jean-Luc Seigle, nous offrant un roman juste et puissant. Il reste de cette lecture le sentiment de pouvoir s'identifier à chacun des personnages sans aucune exception, l'impression que chacun de nous aurait pu être de cette modeste famille, ce même 9 Juillet 1961. Un livre qui dès qu'il se ferme garde une petite partie de nous en son fort intérieur.
Emma Foucher, lechoixdeslibraires.com

Quelques questions à Jean-Luc Seigle :
 
Qui êtes-vous ? !
Je suis un homme (et ça ne m'a jamais réjoui) qui a cherché longtemps l'écriture un peu partout. Après il a fallu me rassembler.

Quel est le thème central de ce livre ?
Le courage de quitter la vie après avoir accompli son travail.

Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Il y en a au moins deux :
Albert ne pensait pas à mourir, il avait juste le désir d'en finir. Mourir ne serait que le moyen.
Ou
Comme Gilles était le seul des deux fils Chassaing à avoir hérité la grande taille d'Albert, ses yeux bruns, sa chevelure épaisse et noire, il n'eut jamais l'impression d'être sorti des entrailles de sa mère, mais de celles de son père.

Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Curieusement, je tendrais à penser au Blues ou au Négro Spiritual ou à André Verchuren

Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Je ne sais pas, j'aimerais que les lecteurs se mettent à table avec moi et mangent mon livre. Et qu'ils aient l'impression d'avoir fait un bon repas.

Distribution

Presse

Mieux vaut ignorer le titre sirupeux et plonger dans ce livre bouleversant dont l'écriture volontairement modeste dissimule un monde de révolte, de sacrifices et de renoncements...
Le roman de Jean-Luc Seigle est une tragédie murmurée, l'histoire d'une fin annoncée, d'un héritage impossible. A travers la grand-mère usée par les travaux de la ferme, le père silencieux, la mère à genoux devant la société de consommation, le narrateur recompose un temps soigneusement gommé pour faire place à la production rutilante, à l'électroménager dernier cri, au jambon sous plastique.
Christine Ferniot - Lire,mars 2012

Proche de l'univers de Balzac, le dernier roman de Jean-Luc Seigle parle avec pudeur et grâce du silence. Certains livres possèdent une grâce dont on ne sait dire avec exactitude d'où elle vient. C'est le cas du roman de Jean-Luc Seigle, magnifique et bouleversant. Est-ce le titre, "En vieillissant les hommes pleurent" ? Est-ce le ton, confrontation du désespoir d'un homme incapable de continuer à vivre avec son fils habité par les livres ? Est-ce l'histoire, transposition audacieuse d'Eugénie Grandet dans la France des années 1960 ? Tout cela, et bien d'autres choses encore. Car il y a de l'indicible, enfoui au coeur de ce roman gigogne.
François Busnel- L'Express, février 2012

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Jardins des écritures
  • samedi 20 juillet 2013 17h00
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