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Ce soir on improvise - ArchicubeLuigi Pirandello

 

Entrée gratuite sur réservation

Le théâtre de l’Archicube présente :

« Ce soir on improvise » de Luigi Pirandello

Mise en scène : Christophe Barbier - Décors : Franck Ralunac - Musique : Stephan Caso. Avec : Leili Anvar, Élisabeth Hennebert, Mathilde Lencou-Barème, Morgane Locker, Florence Méaux, Dorothée Stik, Hélène Valade, Christophe Barbier, Yves Boubenec, Stephan Caso, Raphaël Enthoven, Patrick Guérin, Helman le Pas de Sécheval.

Le Théâtre de l’Archicube est la troupe de l’Association des anciens élèves de l’Ecole Normale Supérieure de la rue de l’Ulm, fondée par une poignée d’anciens élèves unis par une commune passion du théâtre.
(en cas de repli, le spectacle aura lieu à l’espace François Mitterand)

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« Je ne sais que vous dire, si ce n'est que j'ai oublié de vivre.
Ma vie, je ne l'ai pas vécue, je l'ai écrite. » Luigi PIRANDELLO

Luigi PIRANDELLO voit le jour le 25 juin 1867 à Agrigente, en Sicile. Il a des relations difficiles avec son père, homme aux colères terribles qui possédait et exploitait une mine de sulfate. Il s'inscrit au parti fasciste en 1924. Destiné aux affaires, il entre à l'Institut Technique où il apprend le latin en cachette. Des déboires sentimentaux anodins donnent à cet adolescent timide un complexe d'échec et il renonce très vite à l'espoir d'un amour heureux. Après la Faculté de Droit et de Lettres de Palerme, il décide de poursuivre ses études littéraires à Rome, où il écrit son premier recueil de vers, puis à Bonn où il obtient le titre de docteur en 1891. De retour en Italie, en janvier 1894, il épouse la fille de l'associé de son père, Marie-Antoinette PORTULANO, qui lui donne trois enfants. PIRANDELLO écrit de nombreux articles pour différents journaux ainsi que des nouvelles et de courtes pièces. Dès 1898, il est nommé professeur de langue et de littérature italiennes à l'Instituto superiore di Magistero de Rome, chaire qu'il occupe jusqu'en 1922, année où il abandonne l'enseignement. En 1903, l'éboulement de la soufrière où son père avait investi tous ses capitaux l'oblige à demander rétribution pour tout ce qu'il publie. C'est également l'année où se déclarent les premiers troubles mentaux de son épouse : son internement intervient en 1919. PIRANDELLO a choisi de se laisser aliéner, au jour le jour, par le délire paranoïaque de son épouse et par sa jalousie morbide et délirante. En 1909 commence une collaboration avec le Corriere della Sera de Milan, journal dans lequel il écrira jusqu'à sa mort. Ses premiers romans, L'Exclue (1901), Feu Mathias Pascal (1906), Les Vieux et les Jeunes (1908), Son Mari (1911) sont des succès, ainsi que d'un grand nombre de nouvelles qui paraissent dans des revues. Le théâtre occupe pendant longtemps une place secondaire dans la production littéraire de PIRANDELLO. Cependant, cédant aux instances de deux amis siciliens, il fait représenter avec succès, au Théâtre national de Rome, une première pièce, une farce écrite en sicilien : Gare à toi, Giacomino. Suivent de nombreuses autres, parmi lesquelles : Henri IV, Vêtir ceux qui sont nus, La Volupté de l'Honneur, Tout pour le mieux, A chacun sa vérité, Comme avant, mieux qu'avant, tandis que les Six Personnages en quête d'auteur commencent à tourmenter leur futur auteur de leurs obsessions et de leurs plaintes. Cette dernière pièce obtient un succès international qui assure la célébrité de l'auteur et qu'il rassemblera avec On ne sait jamais tout (1924) et Ce soir on improvise (1928) dans la trilogie du Théâtre dans le théâtre. Dès lors, les hommages affluent. Membre de l'Académie d'Italie, il se voit attribuer le prix Nobel de littérature le 10 décembre 1934. Ayant fondé une troupe en 1925, PIRANDELLO poursuit une vie errante. Au cours de la première du film tiré de Feu Mathias Pascal, il prend froid, une congestion pulmonaire se déclare et il s'éteint le 10 décembre 1936, sans avoir pu terminer Les Géants de la Montagne. Luigi PIRANDELLO a stipulé dans son testament qu'il désirait être incinéré et que ses cendres soient dispersées "afin que rien de lui ne subsiste".

Personne n'est moins "vedette" que lui. Vous ne le trouverez guère plastronnant dans une avant-scène, mais bien plutôt sur un strapontin, près du mur, à demi-noyé dans l'ombre. Toutes ses mimiques, dès qu'on l'aborde, expriment l'aménité, la gentillesse et les fuites d'une modestie réticente. Il parle d'une petite voix approbatrice et musicale avec des saluts de la tête et des sourires multipliés qui animent sa barbiche grise. On le sent à la fois volubile et craintif, à peine détaché de la foule anonyme, très peu soucieux d'apparat et ignorant complètement les stratégies publicitaires de la réussite parisienne. Une pareille absence d'infatuation et d'impérialisme paraît bien agréable ! L'idée qu'on s'en forme est sans doute un peu trop simple. Deux prunelles extraordinairement perçantes viennent rétablir une certaine inquiétude. On pressent que cette pudeur n'est peut-être qu'une défiance et cette extrême politesse une précaution. Je crois surtout qu'il y a chez Monsieur PIRANDELLO un rêveur authentique. De là son éloignement pour les lumières trop vives et les curiosités indiscrètes. Il laisse entendre qu'il déteste l'immobilité, par conséquent les formules, les systèmes, tout ce qui fixe un aspect et tout ce qui gêne un songe. Mais ce goût des apparences fuyantes, des vérités instables et des visages qui changent, vous en reconnaissez bien la marque : nous sommes en plein pirandellisme.
Pierre BRISSON, Le Temps, 23 novembre 1931

Le souci de la représentation s'inscrit au centre de l'œuvre de PIRANDELLO. Fasciné par la matérialité de la scène, il la définit comme "fictive et conventionnelle". Dans un premier mouvement de pensée, il lui semble que, "loin d'être la représentation exacte et authentique de l'œuvre primitive et originale, le spectacle théâtral n'en est que la traduction, à savoir quelque chose qui lui ressemble, plus ou moins proche de l'archétype mais jamais identique". Aussi polémique-t-il contre le metteur en scène, ce maître à venir du théâtre de demain : Ce soir on improvise est précisément une bataille contre le "régisseur" au nom de l'œuvre d'art qui, lorsqu'elle est vivante et puissante, finit toujours par renverser les châteaux de cartes de la mise en scène. Tout se passe comme si, dans sa méfiance devant toute représentation de l'œuvre dramatique, PIRANDELLO avait décidé d'inclure cette représentation dans son texte même.
Bernard DORT, Théâtre en Europe, n°10, avril 1986

C'est le 24 mars 1929 que PIRANDELLO achève à Berlin, dans une sorte de fièvre, la rédaction de Ce soir on improvise : "Et cette nuit même, après avoir ressassé toutes mes idées, ne pouvant plus rester couché, je me suis levé. Sur mon bureau il y avait la nouvelle comédie que j'avais laissée là, inachevée, depuis très longtemps, et je l'ai finie, je l'ai finie en quatre heures de travail ardent." La première mondiale de Ce soir on improvise, réussie, a lieu le 25 janvier 1930 au Neues Schauspielhaus de Königsberg, en allemand. En mai 1930, au Lessing Theater de Berlin, la pièce est huée, interrompue par des bordées de protestations. Le public berlinois se révolte, qui voit dans le personnage de HINKFUSS une attaque contre Max REINHARDT, grand patron du spectacle en Allemagne.

Représentations

Terrasse du Puy
  • samedi 27 juillet 2013 19h30
Tarifs

Gratuit

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