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Si Guitry m'était conté Adapté par Jacques Sereys

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Si Guitry m'était conté
« En vérité, je n’aime pas qu’on me regarde. Alors que j’ai passé ma vie à me montrer. Et pour tout dire, je n’ai rêvé d’être acteur que pour épater l’adorable auteur de mes jours. Oui, “épateur”, ça, je l’avoue, parce qu’au fond, très épaté d’en être arrivé là. » Sacha Guitry  
Quelle vie ! En est-il de plus fantasque, de plus dense, de plus prolifique, de plus dramatique que celle de Sacha Guitry, homme de théâtre et de cinéma, homme de légendes? De son premier rôle joué à cinq ans devant le tsar à son emprisonnement à la Libération, en passant par les onze collèges où Guitry sévit en sa qualité de cancre, Jacques Sereys pioche dans les récits autobiographiques des bribes, anecdotes et propos dessinant un personnage profondément amoureux de la vie. Ses débuts et sa brouille avec son père, ses succès et leur réconciliation, son incorporation dans l’armée, tout est matière à théâtre, même dans les textes qui ne sont pas tirés de son oeuvre dramatique. Il livre ainsi ses réflexions sur l’existence, sa passion des femmes, la primauté de l’argent.La fantaisie chère à Guitry a guidé la composition de ce spectacle qui dresse le portrait d’une figure mythique du théâtre français.

Teaser du spectacle

Interwiew de Jacques Sereys sur Culturebox

Questions à Jacques Sereys et Jean-Luc Tardieu

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Jacques Sereys : J’ai toujours admiré Guitry, mais je ne le connaissais que par les pièces que j’avais vues ; quand je suis arrivé à Paris (je suis marseillais), j’ai vu Le Diable boiteux, Aux deux colombes, Tu m’as sauvé la vie... et puis, presque tous ses films.Pour construire le spectacle Si Guitry m’était conté, j’ai procédé de la même façon que pour mes deux spectacles sur Proust ; j’ai choisi les textes qui me semblaient convenir au théâtre, susceptibles de plaire à un public, de répondre à ses attentes. J’ai lu ce qu’il a écrit sur son père, sur ses études, sur les femmes, ainsi que des réflexions et des anecdotes sur tout un tas de gens qu’il a connu, et j’en ai fait un montage. C’est une sorte d’autobiographie par procuration. Il n’y a pas une ligne de texte dans ce spectacle qui ne soit pas de lui. Sacha Guitry ne va parler qu’en son nom... mais je n’essaierai pas de l’imiter !Ce qui m’a surpris et intéressé dans ces lectures, ce sont d’abord ces moments où il parle d’un épisode terrible de sa vie ; je veux parler de son arrestation à la Libération, de son incarcération à la prison de Fresnes, où il est resté soixante jours, sans qu’on puisse trouver de chef d’accusation contre lui. On découvre là un Guitry moraliste, voire philosophe ; décrivant les conditions de sa détention...Né à Saint-Pétersbourg où son père Lucien Guitry était engagé dans un grand théâtre, Guitry est un enfant du spectacle. Dès l’âge de cinq ans, il savait qu’un jour il ferait le même métier que son père, même s’il ne comprenait que confusément ce en quoi il consistait ; ce père lui faisait fabriquer des costumes de rôles qu’il jouait, ce qui l’amusait énormément. Et puis, un jour, ce père, dans une pantomime qui fut jouée devant le Tsar Alexandre III, avait engagé son tout jeune fils pour jouer un petit Pierrot. La vocation de Guitry a été précoce ! Plus tard, comme cela arrive parfois quand on a un père célèbre, il y a eu une rupture, une brouille, qui a correspondu avec les vrais débuts de sa carrière. C’est sans doute là qu’il a commencé à se « mettre en scène » dans tous les sens du terme ! Parce qu’il avait besoin d’exister par rapport au père et de l’épater. « Et pour tout dire, je n’ai rêvé d’être acteur que pour épater l’adorable auteur de mes jours. », écrit-il. C’est le théâtre qui les a réconciliés, un jour que le père, Lucien, est venu voir jouer le fils, Sacha. Le théâtre a été pour Guitry aussi un moyen de reconquérir ce père tant admiré.Sacha Guitry était un homme qui travaillait, qui cherchait, infatigablement. Un homme extrêmement exigeant. Les femmes étaient lasses de la vie qu’elles menaient avec lui ; Yvonne Printemps, sa deuxième femme, a raconté qu’il la réveillait en pleine nuit pour lui lire les actes qu’il venait d’écrire. Il y a ce mot magnifique d’Arletty, qui avait refusé de l’épouser en disant : « Je ne vais quand même pas épouser Sacha Guitry... Il s’est épousé lui-même ! » Il était en représentation permanente. Il faisait du théâtre tout le temps ! Mais jamais le public ne devait sentir tout le travail que cachait ces « représentations ». Quelles que soient les épreuves qu’il a pu traverser, Guitry avait toujours le « spectacle » en tête. Ce qui est intéressant au théâtre, pour lui comme pour nous, c’est que les gens s’amusent. La fantaisie est la première qualité de l’homme. Guitry était un fantaisiste. « Illusionniste-né, vite il m’est apparu, quand au mépris des coutumes et des conventions, que j’avais pour mission de plaire à mes contemporains ; comblé par le Destin, je n’ai pas eu d’autre souci. » Voilà comment il se décrit. Souvent, quand il parle de lui, c’est par rapport au public : aux gens pour qui il travaillait. Et n’oublions pas la chanson qui dit : « Amusez-vous, foutez-vous de tout, la vie, entre nous, est si brève ! ». C’est un peu de ce point de vue-là que nous avons construit le spectacle, avec Jean-Luc Tardieu.

Jean-Luc Tardieu : Guitry était farouchement et très activement à la recherche du bonheur. Le montage de Jacques Sereys montre que Guitry a effectivement traversé la vie avec une volonté absolue de joie. Il a « mangé » cette vie-là. Une grande part de cette recherche est passée par la mise en scène de soi ; comme s’il avait voulu faire de sa vie entière un spectacle. Et cela est d’autant plus paradoxal qu’il avoue : « En vérité, alors que j’ai passé ma vie à me montrer, je n’aime pas qu’on me regarde ».

En suivant au plus près le travail d’adaptation fait par Jacques, j’ai essayé d’aider l’acteur dans ce qu’il a à exprimer, c’est tout. C’est autobiographique. C’est à la première personne ; cela raconte magnifiquement, me semble-t-il, cette aptitude au bonheur qu’avait cet homme même dans les moments les plus dramatiques, voire tragiques, de sa vie. Et, ce qui m’a semblé très intéressant dans ce travail, c’est que, en s’éloignant du personnage public, on se focalise sur un Guitry moins évident, moins connu, plus privé, voire intime. L’attrait, l’intérêt du spectacle, c’est qu’il y a peut-être à découvrir, comme dans le Citizen Kane d’Orson Welles, une sorte de rosebud. Guitry avait son rosebud. La part de générosité et d’ingénuité du personnage doit apparaître dans le spectacle. Guitry est resté toute sa vie un enfant. Beaucoup de choses se rapportent, chez lui, aux années de Saint-Pétersbourg. La part du spectacle liée à son enfance est très importante. Le rosebud de Guitry se cache sans doute quelque part à cet endroit. Il faut qu’on ait envie de le découvrir.

Jacques Sereys : Il y a du bonheur pour tout le monde ! Et nous devrions tous être heureux ! Et ceux qui ne sont pas heureux, ce sont des maladroits, comme dirait Guitry. Si Guitry m’était conté sera un spectacle optimiste !

Propos recueillis par Laurent Muhleisen, juin 2014

Distribution

Un spectacle du Théâtre du Petit Montparnasse créé à la Comédie Française.

Presse

Ah, Guitry, l’esprit français, la pirouette parisienne, la plume légère et la fantaisie comme antidote à la lourdeur du temps…
Le grand Jacques Seyres, figure si emblématique de la grande Comédie-Française, a imaginé ce charmant spectacle intitulé "Si Guitry m'était conté", à partir de textes et d’évocations des Guitry, père et fils. On voyage de Saint-Pétersbourg à Paris, de Monte-Carlo à New York, en compagnie du dramaturge, de ses bons mots, de sa désinvolture irrésistible. Le public est conquis d’avance par le "métier" instinctif et acquis, par l’élégance morale et physique de ce grand monsieur qui en évoque un autre. C’est un peu étrange que de l’entendre chanter "F…nous d’tout !" , mais Guitry aimait le talent et peut-être chantonna-t-il cet air qui annonçait si follement les prochaines horreurs de l’Invasion de Quarante… On ne s’ennuie jamais, on sourit, on se souvient, on palpe le temps écoulé, on aime cet hommage à la langue - orchestré par Jean-Luc Tardieu - à l’esprit, au mauvais esprit, avec les pichenettes au Beau sexe, et les hommages d’homme blessé qui lui sont rendus.
Ah, la belle heure qui passe quand la grâce s’invite au premier rang…
Christian-Luc Morel - www.froggydelight.com - Octobre 2014

« L’art de Jacques Sereys est fin, délicat. Ses notes sont pures comme un cristal étincelant de mille feux. Magnifique ! »
Figaroscope

En connaisseur de l'œuvre de Guitry, Jacques Sereys en propose, seul sur scène, un portrait savoureux, ponctué de récits épiques, de réflexions sur l'existence, les femmes, l'amour, l'argent, la mort. Rien de magistral ni de pompeux. La mise en scène sobre et sensible de Jean-Luc Tardieu apporte à cet hommage, la finesse, l'émotion et l'humour requis. (...) Dans le décor intimiste de Jean-Yves Leprince, Jacques Sereys, tranquillement assis à son bureau, quelques objets familiers à ses côtés comme une lettre de Stendhal, livre avec élégance les nuances d'un texte où les formules et les mots d'esprit fusent. 
Jean-Luc Wachthausen - Le Télégramme - 2 novembre 2014

Jacques Sereys donne de ces textes brillants mais simples une interprétation amusée et affectueuse. L’auteur qu’il joue sourit de sa vie indépendante et caracolante mais ne s’en flatte pas. Il rend hommage aux autres sans toujours se concentrer sur lui-même. Sereys sait tout exprimer sans passer par l’excentricité, en acteur raffiné et gourmand dont le plaisir des mots est immédiatement communicatif. Ses quelques chansons et quelques pas de danse sont comme des jeux d’enfant. C’est l’éternel enfant qu’il met en lumière et que dégage également la délicate mise en scène de Jean-Luc Tardieu, attentive à chaque instant, à chaque vibration de ces aveux facétieux et profonds.
Gilles Costaz - WebThéâtre - 29 décembre 2014
Représentations

Espace Mitterrand, Figeac
  • jeudi 23 juillet 21h30
  • dimanche 26 juillet 21h30
Tarifs

Spectacle A
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Plein362316
Réduit/Bleu301913
Vert251611
Jeunes101010

Abonnement Bleu : de 4 à 7 spectacles différents par personne.
Abonnement Vert : à partir de 8 spectacles différents par personne.
Tarif réduit : demandeur d’emploi, groupe à partir de 10 personnes.
Tarif jeune : moins de 18 ans, étudiant de moins de 25 ans.

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