Sébastien Bournac

Sébastien Bournac, normalien et agrégé, initié au théâtre, dans sa région, par les Baladins en Agenais, s’étant frotté à l’université à Pirandello et Genet, puis passé par la Colline et les Amandiers où il a été assistant à la mise en scène de Jean-Pierre Vincent, prend donc la direction du Théâtre Sorano jusqu’en 2019, le temps de trois saisons. Il me reçoit dans les locaux de sa compagnie Tabula Rasa, aménagés dans un ancien atelier de couvreur du quartier Saint-Cyprien, au fond d’une cour, dans une ruelle typique et colorée à laquelle on accède par une volée de marches depuis la Place intérieure. Un arbre est planté dans son bureau et traverse le plafond. Il a fondé Tabula Rasa en 2003 en commençant par deux créations Marivaux, en tournée dans la région. La compagnie a été associée au théâtre de la Digue et en résidence en Aveyron. Jean-Luc Lagarce a occupé Bournac un moment, avec Music-hall. Il en a fait voyager une version foraine dans les villages. C’est la question du nomadisme qu’il a mis en scène avec des projections dans le diptyque No Man’s Land // Nomades’ Land. Des auteurs comme Mouawad, Kwahulé ou Müller sont la matière de ses ateliers, cours et laboratoires. Avec Virgine Baes, au centre culturel Croix-Baragnon, à Toulouse, il a mis sur pied le collectif « Mauvaises Herbes » pour faire découvrir et circuler les écritures actuelles. Il deale des textes avec l’Australien Daniel Keene et lui a passé commande d’une pièce à partir d’un scénario de Fassbinder, La Peur dévore l’âme, qui est devenu Drames au TNT en 2011. Ainsi armé, repoussant le peur qui a grand faim, et après un retard d’ordre administratif, le voilà prêt à réaliser son projet pour le Sorano et à succéder dignement à ces fortes têtes de Sarrazin et Carette, mais sans tonner comme Zeus ni pendre des breloques à son cou.

Spectacles
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